04/03/2016

NLICEP 2016 : 3e épisode - En plein travail…

P1090577web.jpg_DSC2198web.jpgLe petit hameau du barangay (village) de Nanguilatang qui nous accueille et dont deux conseillers ainsi que le policier sont nos guides locaux et escortes ne compte que 400 habitants. C’est en quelque sorte la lumière du jour qui y régule la vie  Il est donc très calme même si les maisons sont très proches les unes des autres. Il commence à s’animer vers 6h du matin et tout redevient calme vers 19h30 - 20h. Les derniers à se coucher c’est évidemment nous puisque nous complétons chaque soir la Synoptic list, le Diary et les topos, tout cela dans le plus grand calme. Les seuls chahuteurs sont les chiens qui se mordent la queue et les chats qui gambadent sur les toits en tôles.


Ce 8 février on est vraiment entré dans le vif du sujet puisqu’on a réellement mis pied dans le collecteur. A ce jour nos 3 équipes ont déjà levé 1902m de topo en 3 jours.

Le point du jour, plus noirs qu’en grotte: Helmut qui avait pris froid la veille sur le chemin du retour est resté au lit toute la journée.

P1110804web.jpgEt le clou du jour ! : Après le repas Jean-Pierre marche sur un gros clou (5mm de diamètre) qui dépasse d’un longeron qui traîne au bord du passage le plus fréquenté entre la maison et la route. Il traverse la semelle en caoutchouc rigide de sa tong et lui perce profondément le milieu de la plante du pied à 3 cm des orteils. Désinfection immédiate et pose, à titre préventif, d’une crème anti-inflammatoire mais aussi, ce qui est plus important, cicatrisante. On se demande comment cela n’est pas arrivé à quelqu’un d’autre avant car les villageois, leurs enfants et nous empruntons ce petit passage pour aller vers les maisons des dizaines de fois sur la journée et certains locaux même souvent pieds nus !

Le 9 au matin, petite rougeur d’un centimètre de diamètre autour du point de pénétration du clou. La plaie n’est pas encore cicatrisée et poser le pied au sol est quand même très fortement douloureux. Désespéré, J-P doit se rendre à l’évidence que crapahuter pendant quelques 10h dans des chaussons en néoprène n’est évidemment pas l’idéal pour une guérison rapide... Il tiendra donc compagnie à Helmut dont l’état grippal ne lui offre pas d’autre solution que de rester au lit.

10/02/16


Chadi et Ronald poursuivent, la topo de l’amont (292,8m) du Réseau Odessa-Tumbali depuis le P13, l’entrée principale du réseau.

Carsten et Ranger partent attaquer la résurgence entre Tumbali et la principale résurgence que leur guide ne trouve pas parce qu’il ne la connaît pas. Carsten finit par la localiser grâce à son GPS sa connaissance de la carto et son analyse du terrain. Sur ces entre-faits, il perd son guide et son coéquipier du SMOC  qui se sont égarés. Il finit quand même par topographier 200m dont déjà

quelques 70m levés  précédemment par JPB mais aussi the Bathroom Cave (75m) et 48 vers l’aval depuis la connection Tumbali-Odessa.

Jean-Pierre, le vieux au pied troué, mord sur sa chique et reprend du service tout en clopinant. Déjà s’exclameront certains! Avec Ranulfo, ils gravissent la colline presque jusqu’à son sommet (plus de 250m) pour topographier les parois  internes, quelques 194,04m qui sont en fait celles du pourtour d’une grande salle effondrée : les «7 Chambers» et une autre petite grotte : la BFD Kweva (99,36m).

Demain la journée devrait être plus productive puisque Carsten et Ranger devraient reçevoir les chambres à air demandées pour leur faciliter la progression dans l’amont inférieur du réseau où ils s’engluaient dans la vase jusqu’à mi-cuisse.

P1110751web.jpg11/02/16

C’est le grand beau… Soleil, ciel bleu mais de facto entre 32 et 37° et il nous faut marcher 4-5 km, plus d’une heure et demi en plein soleil, pour rallier la zone où s’ouvrent les grottes.

N’ayant encore reçu qu’une seule chambre à air, le programme est légèrement modifié. Pas de descente dans le réseau.

Carsten et Ranger (SMOC) vont donc prospecter la zone de la résurgence proche du village où nous logeons et qui ne fait, c’est maintenant certain, pas partie du réseau. Ils y dénichent une grotte où coule une rivière dont l’eau est bien plus froide que celle du réseau et qu’ils topographient sur 386m.

Les 2 autres équipes, Chadi-Ronald et Jean-Pierre-Ranulfo (SMOC) partent vers des grottes «sèches»

Ils topographient quelques 240m dans Abbenditan Kweva. Bartho, un peu en manque semble-t-il, lève aussi 184m dans l’aval de la grotte Bartolome. Qui, évidemment d’autre que lui, pouvait prendre cela en charge ?… Cette vaste galerie de 10-12m de large sur 8-10 de haut, hyper concrétionnée au point qu’on ne distingue plus un seul cm2 de roche calcaire ferait une excellente destination de visite dominicale puisqu’à seulement une heure de route en bus de Tuguegarao, la ville .

Helmut, qui n’a plus de fièvre depuis un jour, a enfin retrouvé sa verve et son humour. Il sera à nouveau sur/sous, le terrain demain.

Résultats actualisés : 4248 km topographiés…


Deux constatations 

- Notre progression dans le réseau Tumbali-Odessa s’avère plus compliquée que celle des anglais en 1992. En effet, si leur rapport, publié dans une revue anglaise, mentionne clairement la mauvaise qualité de l’eau -ils ont en effet, sans hésitation baptisé une galerie «Sewer» et une autre «Lower sewer»-  ils ne signalent jamais un envasement de la rivière.  L’envasement général des rivières serait donc la conséquence évidente de la déforestation exagérée au profit de l’implantation de la culture du maïs.

- Les trois d’entre nous qui avaient participé à l’expé de l’an dernier constatent que ce village est bien moins propre et respectueux de son environnement que les villages où ils ont logé lors de leur spéléo-trek de 51km entre Tabuk et Kalinga. Les champs de maïs, même très loin des hameaux sont jonchés de platics, cannettes, bouteilles et autres déchets. Il en est de même dans la rivière souterraine dont l’eau sent mauvais. Un véritable égout ! On y a même vu passer des couches culottes !

P1110746web.jpgLégende des photos

577 : ambiance sur le devant de la maison : jeepney en panne, longerons avec clous

198 : enseignement du levé topo aux membres du SMOC

746, 751 et 804 : Bartolome Cave

Jean-Pierre

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